jeudi 1 décembre 2016

Publications


« Sans crier gare surgit la nuit », roman policier
Édition La vie du rail - Collection Rail noir, janvier 2014

Gravement affecté par la perte de sa fille décédée six mois plus tôt lors de l’incendie criminel d’une galerie marchande, le narrateur souffre de troubles de la mémoire. Il suit un traitement dans un Institut de neurothérapie situé en pleine montagne, dans les environs de Grenoble.
L’enquête sur l’attentat est au point mort. Les actes de violence qui se multiplient à travers le pays sont attribués tantôt aux islamistes radicaux, tantôt à des groupes d’extrême droite, mais la police semble avoir du mal à identifier leurs auteurs. L’armée se déploie autour des quartiers "sensibles" dont certains sont entrés en "sécession". Les forces politiques en présence se résument à une extrême droite elle-même scindée en deux, sa tendance parlementaire s’étant séparée de sa fraction radicale, et une alliance gouvernementale composée d’un conglomérat de partis réunis sous la vague étiquette de "centre gauche".
Un nouveau parti, dont l’influence va croissant, s’engage à ramener le calme. Son principal dirigeant est un biologiste qui a, quelques années auparavant, exercé la fonction de conseiller ministériel au sein d’un gouvernement de gauche. Son objectif est de rassembler toutes les couches sociales autour de son slogan : "Travail, science et vérité". Selon lui, la politique disciplinaire est insuffisante pour rétablir l’ordre car les troubles neurologiques progressent trop vite dans la population. Il faut parvenir à "reprogrammer" massivement les "cerveaux malades", en premier lieu ceux des délinquants et des prisonniers, à accroître leur sens moral en suractivant certaines zones cérébrales et à modifier leur mémoire en effaçant, par exemple, leurs souvenirs traumatiques.
L’idée de la "reprogrammation cérébrale" semble rebuter une partie de l’opinion qui pressent un retour aux périodes les plus noires du passé. Car ce projet "biopolitique", selon le terme de Michel Foucault, ne ressemble-t-il pas à la mise en œuvre d’une sorte d’eugénisme mental ?
Cependant, nombre d’"experts" la plébiscitent et de plus en plus de gens se précipitent chez leur thérapeute, demandent qu’on efface leurs souvenirs traumatiques, qu’on les réconcilie avec leur travail, leur logement ou leur conjoint, qu’on soulage leur angoisse face à la crise qui s’aggrave.
Dans ces conditions, le programme du nouveau parti a toutes les chances de séduire une part croissante de l’électorat. Or, pour mettre en œuvre la "reprogrammation cérébrale", il faut former des milliers de thérapeutes et mobiliser toutes les unités de soin du pays. Ce qui suppose de réunir des fonds considérables.
Mais une autre difficulté surgit, un obstacle totalement imprévu dû aux agissements du petit groupe de patients aux personnalités fragiles qui tentent, à leur corps défendant, de découvrir ce qu’on voulait à tout prix leur cacher.
Qui aurait pu prévoir que, ce faisant, ils modifieraient le cours de leur histoire mais aussi, tant soit peu, le cours même de l’histoire ?
 

http://sexes.blogs.liberation.fr/2014/04/14/la-presse-sextasie-regulierement-sur-des-decouvertes-qui-ouvriraient-les-cles-du-septieme-ciel-tel-engin-greffe-su/
Agnès Giard, Libération

"Sans crier gare surgit la nuit" est un titre à retenir et un roman passionnant à savourer.
Mickaël Blondeau, Les polars de Mika

Voilà un roman très bien fait, intelligent et prenant et que vous devez lire.
Pierre Faverolle, Black Novel

L'un des moments de notre quinquennat précédent a été l'idée que l'on pouvait agir chimiquement sur les esprits des délinquants en herbe dès le primaire. C'est un peu, ici, le même esprit, où les avancées scientifiques proposent de “programmer” des citoyens plus dociles, dans une sorte de fascisme larvé, une tentative qui prend sa source (sans révéler la solution de l'intrigue) dans les nouvelles versions du capitalisme financier.
Laurent Greusard, K-libre

Un roman qui va plus loin qu’une simple détente, un roman qui amène à se poser des questions, et surtout à trouver les réponses…
Cassiopée, Un Polar

Un regard très intéressant et alarmant sur notre société, la technologie, sur les valeurs.
Unwalkers

Contrairement à ce que tout laisse à penser nul complot n’a aiguillé les mains des poseurs de bombe. Seuls le sordide et l’aigreur sociale ont guidé leurs gestes… Ce qui tout compte fait ne constitue que l’un des multiples soubresauts de la guerre que se livrent travail et capital…
Luis Alfredo, Rayon polar

Anticipation, suspens, scène d’action et réflexions sur le devenir de l’humanité, troubles sociaux, dangers des manipulations mentales… Tout y est, y compris un petit zeste de tendresse. Une anticipation noire, chaleureuse et prenante.
Le blog de Jeanne Desaubry



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« Mortelle hôtesse », roman policier
Édition La Vie du Rail - Collection Rail noir, mars 2011

Des passagers décèdent de mort pas tout à fait "naturelle" à bord du TGV Paris-Londres. Un homme est kidnappé dans une clinique de thérapie génique près de Genève. Un virus inconnu cause une épidémie de cécité à Anvers. Les militantes d’une ONG lancent une campagne de presse qui s’achève par une sanglante tuerie dans un hôtel de Londres.
Quelqu’un découvre qu’il existe un lien entre ces événements. Il se nomme Richard Meyer. Il est agent de renseignement pour le compte d’une officine privée et sa mission consiste à retrouver Humbert Katz, un patient dont on a perdu la trace quelques mois plus tôt.
Prise dans le tourbillon d’une guerre sans merci entre sociétés transnationales, son enquête se transforme en un périple forcené à travers l’Europe au sein d’un univers dont le burlesque apparent a du mal à dissimuler l’impitoyable violence.

https://drive.google.com/file/d/0B7gZhpvz-svHajVocXp4RmRZTk0/view
http://fr.calameo.com/read/00081726385b5b548a9e2
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mortelle_H%C3%B4tesse


Bernard Pasobrola, nous offre avec cette "Mortelle hôtesse", un thriller médical impitoyable et nerveux comme son écriture, haletant comme les tourbillons secrets du sanglant conflit économique qu’il décrit.
Luis Alfredo, Rayon Polar

Un bon roman divertissant pour un bon moment de lecture avec de nombreux rebondissements. (...) Les personnages sont agréables et plaisants à suivre (...) Un roman complexe et intelligent.
Pierre Faverolle, Black Novel

J'admire toujours la virtuosité avec laquelle les auteurs de romans noirs bâtissent une intrigue, entrecroisent des thèmes qui semblent à des lieux les uns des autres et qui finissent par se rejoindre pour la plus grande satisfaction du lecteur. (...) Le danger dénoncé de ces laboratoires qui n'ont de cesse que d'augmenter leurs profits et sont prêts à fomenter des épidémies (ou des craintes d'épidémie) pour mieux vendre leurs antidotes et gagner ainsi sur tous les tableaux est loin d'être imaginaire. Les amateurs apprécieront.
Patrick Rödel, Mediapart

Au fur et à mesure que le voyage littéraire se poursuivait mon esprit trépidait au rythme des roues, m’arrêtant à quelques gares afin de laisser reposer la motrice neuronale. Puis je repartais pressé d’arriver au terme du voyage. Et cette arrivée fut un éblouissement, un concert, non de chevaux-vapeurs mais de vaches en folie, une scène très visuelle dans un déchaînement désordonné et bruyant...
Paul Maugendre, Mystère jazz

Si l'on évoque souvent les filières de la drogue, si les médias consacrent des articles aux critiques de la société et aux tentatives de boycott pour lutter contre le commerce des fourrures animales, rarement l'accent est mis sur l'absence d'intégrité du marché des diamants. Or Dieu sait que celui-ci est source de violence, d'illégalité et de meurtres cachés derrière les façades bourgeoises des immeubles cossus hollandais. (...) En punissant les diamantaires par un virus qui les rend aveugles, Bernard Pasobrola rétablit une forme de justice.
Laurent Greusard, K-libre

Sous ses airs de roman d'espionnage et de scénario d'action, "Mortelle Hôtesse" cache une véritable âme littéraire. (...) "Mortelle Hôtesse" étonne par son intelligence et l'efficacité de sa plume.
Mickael Blondeau, Les polars de Mika

Il y a de l’action, des rebondissements, des liens entre les personnages, tout cela admirablement bien ficelé car on ne voit pas "venir" la suite (..) Une écriture de qualité, mais non dépourvue d’humour à ses heures.(...) Bernard Pasobrola sait distiller ses phrases humoristiques, dédramatisant ainsi certaines situations, avec finesse et sobriété.
Cassiopée, Un polar

Ce roman est donc d'une actualité évidente. De surcroît, il est parsemé d'irisements visuels et d'une virtuosité intellectuelle et verbale qui sont la marque des grands polars. L'action se mêlant, comme il se doit, à la réflexion. Un réalisateur y trouvera certainement la matière d'un film passionnant.
Donato Pelayo, journal L’Agglorieuse

A l'heure du concombre tueur (...) du chou-fleur qui dérape ou des OGM qui planent au-dessus de nos assiettes, sûr que Mortelle Hôtesse tombe à point. (...) Le roman de Bernard Pasobrola a tout pour susciter l'intérêt : des multinationales, des enlèvements, un milieu original (celui des diamantaires), du terrorisme biologique, des groupements bizarroïdes, genre le Temple Nazaréen... Le style de l'auteur est fluide et agréable.
Marc Suquet, Mauvais Genres

Bernard Pasobrola affirme avec ce quatrième roman un style grinçant mais tout en légèreté, l’ensemble teinté d’un humour, destructeur fort à propos. (…) L’atmosphère introduite par l’auteur à travers le soin porté à la structure et à la fluidité de l’écriture, met en évidence des aspects profonds de notre époque. Une intelligence que l’on savoure avec délectation.
Jean-Marie Dinh, La Marseillaise- L’Hérault du jour

Le suspense est bien dosé et tout est fait pour que le lecteur s'intéresse rapidement à l'enquête menée par Richard Meyer (...) Bernard Pasobrola a une belle plume. Ses descriptions sont réussies et la plupart de ses métaphores sont autant de belles trouvailles, parfois hilarantes. Au sérieux du roman d'espionnage, il vient ajouter une dose de loufoquerie qui fait plaisir à lire.
Hoël Maleuvre, Hannibal le lecteur

Bernard Pasobrola cherche à dynamiter le réel et à mettre en évidence l’aspect ridicule du pouvoir et de ce qui est considéré comme respectable. Pour ce faire, il a recours à un humour que l’on pourrait qualifier de baroque et à un talent certain pour camper ses personnages, fussent-ils secondaires tel le Chief Inspector dont "(les) métaphores subtiles exaltant les parties obscures de l’anatomie et (les) cris de bison teigneux prisonnier d’un marécage" ne laisseront aucun lecteur indifférent ! Ce roman est aussi un acte politique qui incite à la vigilance.
Élisabeth Poulet, La Revue des Ressources

Entre espionnage et polar, Bernard Pasobrola nous présente une intrigue tout à fait crédible. Les puissants de ce monde pourraient bien monter de tels complots et cela ne rassure personne. (…) Pasobrola dévoile petit à petit les liens qui unissent les industries et les gouvernements de différents continents. L’argent n’a pas d’odeur, mais les diamants pourraient bien ne pas être les meilleurs amis de la femme.
Morgane Marvier, Carnets Noirs

J’ai aimé ce roman pour la multiplicité de ses facettes. On voyage à tombeau ouvert au travers de mondes différents, sans savoir à l’avance s’il s’agit d’espionnage, de terrorisme, de guerre bactériologique ou autre.(…) C’est un roman très bien documenté et efficace avec des personnages vivants et l’humour grinçant, qui affleure ici et là, aide le lecteur à réfléchir sur tous ces réseaux de pouvoirs qui nous entourent et que nous ne voyons pas forcément. Nous en ignorons la face cachée, victimes peut-être de ce virus qui rend aveugle.
Odile Deschamps, Festival Mauves en Noir

Quelque chose de "2046" (Wong Kar Way, 2004) plane lors de la scène d’ouverture du livre ; difficile de lâcher après ça.
Magazine L’Indic, n° 12


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« L’Hypothèse de Katz », roman
Editions Denoël (mai 2001)
Version numérique (février 2013)
Taille du fichier : 477 KB
Nombre de pages de l'édition imprimée : 126 pages

Humbert Katz, commerçant failli, époux malheureux, est victime d’étranges malaises. Il reçoit des lettres anonymes dont l’auteur semble bien informé de son passé médical. Il soupçonne ses propres filles d’être à l’origine de ces messages : Liliane, la néolibérale, Déborah, qui ne jure que par la Thora, ou Nora, la brillante bioinformaticienne.
Son enquête le conduit aux portes d’un monde silencieux où, dans le secret des laboratoires, de jeunes chercheurs marient informatique et génétique, embryons humains et neurones artificiels.
Au détour d’une expérience peut naître une technologie aussi révolutionnaire que l’invention de l’écriture. Si l’hypothèse de Katz se vérifie, notre ancestrale manière de communiquer sera bientôt aussi désuète que la tablette d’argile à l’heure du courrier électronique.
Hallucination ou réalité ? Comment trancher quand le "merveilleux" de la science frôle le démiurgique, bouleverse notre vie quotidienne et réveille nos fantasmes les plus profonds ?

https://drive.google.com/file/d/0B7gZhpvz-svHdUwyRVNESGtJeWM/view
https://drive.google.com/file/d/0B7gZhpvz-svHZ29xTWdPN0lfM3M/view

Remarquable et prenante fable scientifico-humoristico-policière à clés, "L'hypothèse de Katz" confirme le talent d’un écrivain authentique à l’inspiration originale.
Gérard Bonet, L’Indépendant

"L’hypothèse de Katz" de Bernard Pasobrola donne le frisson. Son suspense nous interdit de le lâcher un instant... À la fin de la lecture, croyez-moi, on ne regarde plus tout à fait ses enfants du même œil… Ce roman noir est excellent.
Éric Yung, Philanthopolar, France Inter

Ce roman accomplit la prouesse d’être à la fois un roman noir et un roman comique. Un thriller scientifique sur le ton d’un hallucinant vaudeville familial.
Edmonde Vergnes-Permingeat, La Montagne noire

La puce est-ellel'avenir de l'homme ? Présentation du roman "L’hypothèse de Katz" (éd. Denoël, 2001), Salon du Livre de Sofia, décembre 2001

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« Au diable vos verres », roman
Édition Séguier ( janvier 1997)
Version numérique (février 2013)
Taille du fichier : 933 KB
Nombre de pages de l'édition imprimée : 124 pages

Nous sommes au début des années 70. Le narrateur, un anthropologue désabusé, s’est laissé entraîné sur des îles lointaines, mais ce voyage apparemment touristique menace de virer au cauchemar. Oscillant entre déraison et autodérision, il parcourt un chemin parsemé de signes dont il recherche la cohérence et finit par s’éprendre d’une grotte située au bord d’une petite plage, convaincu que le destin l’a conduit à cet endroit afin qu’il y passe le restant de ses jours. Seul problème : c’est là que vit un groupe de hippies qui n’ont pas l’air décidés à se laisser déloger. Une comédie noire sur la recherche d'un impossible ailleurs.

https://drive.google.com/file/d/0B7gZhpvz-svHdGo2Q1B2UnhBMTA/view

Quelle maîtrise d'écriture, quel humour !
Françoise Xenakis, Le magazine des livres

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« Le Singe et l’architecte », roman
Édition Séguier (septembre 1998)
Version numérique (février 2013)
Taille du fichier : 781 KB
Nombre de pages de l'édition imprimée : 291 pages

Judite et Jaime ont quitté Lisbonne pour s’installer dans l'Algarve, au milieu du "barrocal", paysage de garrigue et de sources. Le jeune couple tente d’initier une nouvelle vie, mais se heurte au microcosme déjanté d’une région touristique dévorée par les affaires. Lorsque la mairie ordonne d’empiéter sur leur terrain pour construire une route desservant le lotissement appartenant à l’architecte français Cyprien Croz, ils savent que le conflit est inévitable. Pourtant, au-delà des rivalités et des jeux de séduction, la lutte engagée révélera l’insoupçonnable destinée de chacun des personnages.

https://drive.google.com/file/d/0B7gZhpvz-svHcGNaMXdfLW5naVE/view
https://drive.google.com/file/d/0B7gZhpvz-svHU2xQeFRKMHpjclE/view
Un flamboyant retour aux sources du baroque dans un pays où l’odeur des œillets s’est depuis longtemps volatilisée entre champs d’oliviers et bétons littoraux... Un style fort, aux accents parfois simoniens.
L’Indépendant





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« Brève histoire illustrée de l’électrisation médicale, 1780 – 2014 »
Version numérique (mai 2014)
Tout au long de son histoire, l’électrisation cérébrale médicale s’illustre par la violence de ses méthodes. Mettant à profit la collusion fusionnelle entre pouvoir médical et pouvoir politique à l’époque du Troisième Reich, la force délétère de ces techniques a fait ses preuves dans l’entreprise de destruction des individus considérés comme déficients lors de la mise en œuvre du sinistre programme Aktion T4. Cet ouvrage rappelle également que le projet MK-Ultra de la CIA s’est servi de milliers de cobayes à partir des années 1950 et a fait un nombre considérable de victimes aux États-Unis. Qu’en est-il aujourd’hui ? Il n’est pas certain que la mystique de la "thérapie de choc" et de l’électrisation cérébrale purificatrice et salvatrice ait fait son temps si l’on en croit la prolifération des techniques de stimulation électrique ou magnétique du cerveau dont la finalité est la "cognition augmentée", la lutte contre la dépression ou l’orgasme purement cérébral. Ou encore les expériences visant à modifier le psychisme en créant de faux souvenirs et en manipulant la mémoire. La possibilité de contrôler le psychisme en agissant à distance et à leur insu sur le cerveau des individus fascine depuis longtemps nombre de scientifiques et de gouvernements. Ce type de recherche alimente plus que jamais les fantasmes autour de la découverte d’une arme de contrôle mental capable de neutraliser à distance, d’influencer ou même d’anéantir psychiquement un individu. Ce qui permettrait, au besoin, d’obtenir le rétablissement de l’ordre social par des moyens imparables ou des victoires militaires à moindre frais.

http://sexes.blogs.liberation.fr/2014/05/19/1888-la-corticomie-ou-excision-corticale-de-burckhardtde-facon-tres-revelatrice-lhistoire-de-la-psycho-chir/

Agnès Giard, Libération

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« Croissance et circulation, incoercible expansion fluidique »
Version numérique (mai 2014)
"En examinant les faits d’astronomie, de chimie et de physiologie, j’ai conçu que tous ces phénomènes pouvaient être considérés comme une lutte entre les solides et les fluides", écrivait Saint-Simon, l’un des plus influents fondateurs du culte du développement industriel. La théorie saint-simonienne permet de souligner le fait suivant : l’histoire du capitalisme montre l’incoercibilité de la tendance expansive du capital, mais le principe de croissance rend l’idée de développement matériel problématique – et même aporétique, car on sait que "les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel" et que l’illimitation conduit à une impasse logique. La circulation, en revanche, est susceptible de recycler à l’infini les mêmes substances, ce qui induit la notion de mouvement (progrès) même sans accroissement des éléments solides. Or si la solidification excessive est facteur d’inertie et/ou d’autarcie, l’expansion fluidique conduit à un mouvement chaotique qu’illustrent bien certaines métaphores devenues courantes à l’heure actuelle : "bulles" qui gonflent et qui éclatent, "tempêtes" boursières ou financières, "naufrages" de certains États – les exemples sont légion. Le fluidisme théorisé par Saint-Simon a engendré la fluxisation généralisée de l’univers social. Cela signifie que la production et la gestion des flux (informationnels, communicationnels ou financiers) ont tendance désormais à subsumer la production matérielle. La communication permanente et l’activité fluxiste recomposent artificiellement la socialité disparue. Elles s’accompagnent d’un discours extatico-apologétique et d’une autoglorification permanente de la "communication" vue comme une nouvelle transcendance.


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« Un café avec Norbert M. et autres micro-histoires »
Version numérique (mai 2014)
Sept textes courts :
    - Un café avec Norbert M.
    - Histoire circulaire
    - La clé est sur la porte
    - L'homme aux clous
    - Noël chez l’inspectrice Herse
    - Nork
    - Festival du dernier roman